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Hello mon Cercle Amical, j’ai rencontré l’auteur à Ceyreste en juillet dernier. Entre temps nous nous sommes revus à Salon à la Mad’Romance. Il fait partie de ces personnes avec qui l’on a envie de s’installer autour d’une table en sirotant quelques canons et manger un bout, sait-on jamais peut-être aurons-nous l’occasion prochainement?

Enfin toujours est-il j’ai apprécié l’humanité de Serge Bertrand et j’ai eu envie de lire son livre « Destination Rock. Un rêve de musique et de liberté » édité chez le lys bleu édition.

Résumé Amazon :

« Je m'appelle Paul, je suis né à Marseille en 1953. J'ai une histoire à raconter, mon histoire, mais aussi le témoignage d'une époque avec sa philosophie et son état d'esprit. C'est le récit, plein d'émotions, de sentiments et de musique, d'une éducation sévère et rigide, de mes souffrances, de mes joies, de mes douleurs, de mes découvertes et des rencontres qui m'ont construit et permis de rester un enfant dans ma tête.  

Extraits :

« Malheureusement, un drame s’abat sur le domaine, Marinette meurt brutalement de la variole. 

Alexandre est effondré, il ne parviendra jamais à surmonter cette disparition tragique. Dès lors, il va sombrer dans une grande dépression, se met à boire démesurément, fréquente les sales de jeux, les bordels de luxe de Narbonne. En peu de temps, il va tout perdre, victime de la spirale infernale du jeu, des prostituées et de malfrats profitant de sa détresse. Il est ruiné. Un matin, un employé le retrouve pendu à un arbre. »

« Les grands mouvements de 68 qui ont fait plier le gouvernement ne sont pas loin, nous restons toujours dans une période très agitée sur le plan social. Les syndicats entretiennent la flamme de la contestation populaire. Au lycée, de nombreux professeurs brillent par leur absence.

Certains, victimes de dépressions nerveuses sont remplacés par des stagiaires sans motivation, sans autorité, favorisant un climat de confusion et de doute. Manu est venu me voir. Il m’apporte des livres de Boris Vian « L’écume des jours. « L’automne à Pékin », « L’arrache cœur ». Des récits complètement décalés, mêlant l’absurde, la fête et le jeu. »

« Après avoir atteint notre objectif, nous redescendons. Nous accompagnons Angela à Helsinki, passons notre dernière soirée en compagnie de ses parents, des gens charmants. Le lendemain, comme toujours dans ces circonstances, les adieux nous éprouvent terriblement et nous reprenons la route, tristes, le cœur serré. Comme convenu, nous prenons la direction de Paris afin de rencontrer le gourou Maharaji. Il doit se rendre porte Maillot dans quelques jours pour donner une conférence. En attendant, hébergés par un copain, nous nous promenons dans les quartiers branchés comme Pigalle, Montmartre, le Marais. Arrive le jour J, l’hémicycle se remplit de plus de six mile personnes qui attendent. La sono diffuse une musique indienne propice à la méditation. Au bout d’un long moment, le gourou apparaît avec son cortège, monte sur scène et s’assoit sur son trône. Il commence à parler de son enseignement et de son expérience spirituelle m, ses propos sont traduits en simultané. »

Me voilà plongé dans cette œuvre ou je tiens à remercier l’auteur pour les citations qui ne font que compléter ma culture générale.

J’apprécie aussi un récapitulatif nommé « index des personnages » qui certainement va être bien pratique dans ce livre ou l’auteur dans le prologue nous explique, je le cite :

«  tout ce qui est décrit dans ce livre s’est réellement passé. J’ai uniquement changé la plupart des noms. »

J’aime énormément les livres auto-biographiques en principe, celui-ci devrait me ravir.

Lorsque le narrateur parle du quartier du panier entre autre, si célèbre de Marseille, j’ai l’impression d’y être. 

L’auteur nous offre la vie de sa famille puis celle de son quartier. Je prends plaisir à découvrir le passé de la famille de Paul ainsi que sa jeunesse.

J’ai l’impression d’assister à la vie d’un enfant, en tant que voyeur, n’en loupant pas une seule miette. De surcroît j’ai droit aux ragots du quartier en même temps. 

Parfois j’ai l’impression d’avoir vécus des moments similaires. Par exemple lorsque le narrateur nous raconte ses années scolaires, étant dans le privé, le directeur et certains instituteurs étaient tout aussi sévères je dois l’avouer. Que de souvenirs qui remontent à la surface en lisant cette œuvre de Serge Bertrand.

Peu à peu, nous suivons Paul et ses pérégrinations. L’auteur nous offre une sorte de journal intime écrite d’une bien belle façon. 

Certes son éducation est très stricte, mais l’on sent en lui une véritable envie de vivre et un besoin viscéral de liberté. Je cite un extrait pour confirmer mes propos:

« Aussitôt, nous nous baignons nus. Quel plaisir de se sentir libre, caressé par la mer. J'ai l'impression de me libérer d'une bride qui me retient depuis des années. Malheureusement,

mes parents m'ont toujours plombé, m'enfermant dans un système bien comme il faut à leur image, m'empêchant de m'épanouir en me privant de toutes sorties avec mes copains. Je vis cette nouvelle situation comme un ballon d'oxygène, une métamorphose. une joie intense et une quiétude insouciante. J'ai tellement envie de rattraper tout ce temps perdu, toutes ces occasions manquées que j'ai du mal à imaginer que mes chaînes puissent tomber et disparaître. 

Après le bain, nous nous prélassons au soleil. Très vite, Manu et Lisa se sont rapprochés. Ils s'embrassent tendrement et font l'amour. Quelle liberté, quel plaisir de sentir la morsure subtile du soleil, bercé par le chant des cigales et le ressac envoûtant des vagues se brisant sur les rochers. »

Paul est courageux, aventurier et c’est exactement ce qu’il veut et ce qu’il ne désire surtout pas. Certes il se trompe MAIS il recommence autrement et rien que pour ça je m’y attache à ce narrateur qui me fait, J’ose l’avouer: RÊVER.

Les récits de voyages donnent l’impression d’accompagner le narrateur, vivre l’instant en étant libre.

Lorsque l’auteur Serge parle musique, par le biais du narrateur sur les récits des concerts endiablés qu’il a vécu on ressent une fièvre de la musique incroyable. Rien que pour la culture musicale de l’auteur, son livre est tout simplement magique. Cela me fait redécouvrir des groupes de musiques que j’avais clairement oublié ( je pense notamment à Judas Priest).

Lors du récit d’un retour dans son ancien quartier où vivent encore ses parents, on ressent toute la nostalgie que peut ressentir Paul. Aujourd’hui devenu « célèbre » pour ainsi dire, tout le monde l’accueille différemment pourtant lui, reste le même, humble, égale à lui même.

La fin reste difficile MAIS j’ai eu des bruits qu’un second tome verrait rapidement le jour alors j’ai trop hâte de m’y plonger.

Serge, j’ai hâte de te revoir, j’ai hâte d’entendre encore tes savoirs si grandioses sur la genèse du la musique Rock. 

Merci à toi pour cette confession, merci à toi pour cette œuvre si passionnante, si enivrante.

Je vais conclure avec une citation de l’auteur.

Je l’ai choisi car je suis totalement d’accord avec sa vision :

« Chacun, avec son propre esprit, sa sensibilité, doit rester maître de lui-même et suivre ses convictions en écoutant son cœur. Nous devons avoir le choix de prendre ou pas un train, uniquement si nous le désirons... »

Alors dites Moi tout?… Qui l’a lu? Qui a l’intention de le lire?… Je veux tout savoir?