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Bonjour Mon cercle Amical je viens aujourd’hui avec le retour d’un recueil de nouvelles assez particulier MAIS fort passionnant à lire je dois l’avouer.

Mais avant toute autre chose, je tenais à vous raconter comment j’ai découvert ce livre ou plutôt son Auteur. 

Figurez-vous donc que Ma Princesse Joy, m’a fait lire un article du Miramas Infos (le journal municipal de La ville où je suis né et où je réside encore aujourd’hui) parlant d’un Auteur en l’occurrence Razik Benyahia qui présente son livre « La valse des temps modernes et autres nouvelles ». Elle m’annonce que c’est son professeur de français au collège et que je dois absolument lire son livre pour le faire passer dans mon blog. Comme vous le savez très bien, ma chère et tendre fille me fait céder à toutes ses requêtes et me voici donc aujourd’hui à vous faire un retour sur ce livre dont je ne regrette clairement pas ma lecture. 

Il est édité chez Le Lys bleu éditions.

Parlons de la couverture tout d’abord qui montre la cote bordant une mer, je suppose l’Algérie chère au cœur de l’Auteur.

Et avant de commencer ma lecture, je dois vous avouer que pour la route première je vais me plonger dans un livre ou je ne sais absolument pas ce que je vais lire. Mon impatience est à son comble je dois vous l’avouer. Bon assez parlé, place à mon retour.

Résumé : 

La valse des temps modernes et autres nouvelles est une collection de récits qui reviennent sur la décennie noire en Algérie. Ils se veulent une piqure de rappel pour ne jamais oublier les fléaux que sont l’islamisme radical et des corollaires, l’obscurantisme et le terrorisme. Ces histoires présentent ainsi l’état de dépression, de perdition des Algériens au milieu d’une guerre civile.

Extraits : 

« Du coup, j'ai mon idée, moi, pour le terrorisme et la décennie noire en Algérie. A force d'en avoir marre de tuer le temps, on s'est mis à tuer les gens. C'est plus spectaculaire et ça fait sortir de l'anonymat et de l'indifférence généralisée. Une sorte de recadrage tactique avec la caution hautement solvable du Divin. Et il y avait beaucoup de chômeurs en Algérie, malheureusement. Ainsi, pourrait-on dire, du jour au lendemain, toute notre rage destructrice, toutes nos tares, nos vices, nos manigances, nos crimes, nos frustrations, nos haines ont refait surface pour se livrer bataille et transformer le jour en une loterie. La loterie de la vie. »

« Rachid qui a perdu quelques dents à l'orée de la cinquantaine n'a pas toujours été comme ça. Il fut féroce, impétueux à son heure de gloire. Comme le soleil qui novait mes veux dans ma suée le jour où ie suis allé l'inviter à participer aux manifestations culturelles que nous organisions chaque année à Bejaïa. 

Je poissais dans ma suée dégoulinante et eus l'impression de nager dans un océan de feu. La gêne alors s'ajouta à ma hâte de le rencontrer. Les grandes villes me donnent toujours l'impression d'une grosse mécanique impitoyable qui marche toute seule, sans âme, et qui ne s'arrête jamais à quelque petite tragédie que ce soit. C'est le lieu des grands bouleversements. De loin, la vie n'est presque rien là-dedans, il faut une loupe pour découvrir des merveilles. Des douceurs, des marques sympathiques de la vie dans les quartiers. Deux bus suffirent heureusement pour atterrir à Ben Aknoun. »

« Dans le bus qui tousse comme un bronchiteux, l'espace est toujours précieux. L'intimité n'est guère respectée. Il n'y a pas moyen, en réalité, et le fait d'y être est déjà un exploit. Parmi cette marmelade résignée et insolente à la fois, on distingue aisément « les arrivistes » des citadins. Quelques vieux portent encore, comme une prière d'insérer, leurs burnous aux flancs en queue de morue, balayant la saleté de la terre. Une sorte de pacha, émergeant d'une autre vie, lisse fièrement sa moustache enroulée dans sa blancheur immaculée. De jeunes blédards aux regards perdus, aux poings durs, surplombés par des épaules larges et un peu roulées leur donnant un air gauche et témoignant du rude labeur des montagnes, se tassent dans un coin de fenêtre entrouverte. Leurs yeux hagards, craintifs. Ils ont raison car à côté d'eux, quelques sacripants aux visages marqués de croix papales traînent leurs yeux de loup un peu partout. En plus, il se développe chez ces gens une culture de fagotage cocasse qui consiste à mettre en évidence leurs fesses et à croquer des yeux, sous des verres menaçants, le bien des autres. On se demande toujours ce qu'ils cachent dans leurs vestes.  

Dans la première nouvelle titrée : « Au temps pour moi » l’on découvre une plume fluide, avec des mots soutenus et forts de sens qui donne matière à réfléchir. Ce début annonce la couleur sombre mais avec une fine parcelle de lueur d’espoir. 

Je noterais l’auteur : Massinissa dit Massi. 

Me voici déjà dans la seconde nouvelle titrée : « Perdue, vous dites ! ».

Nous faisons connaissance avec Mehdi, qui sors d’une grippe. Se réveillant transpirant, il veut prendre une douche mais dans son habitation pas d’eau. Il a rendez-vous avec Maya la fille qu’il aime. Le narrateur nous raconte les difficultés en Algérie au sein des foyers et familles algériennes. En parallèle très intelligemment, il parle de son ami Omar un coureur de filles, tout en expliquant la vie des jeunes algériens en plein cœur d’une guerre civile. 

Cette nouvelle parle des rêves, de l’espoir dans cette Algérie tiraillée. 

Une constatation cependant : les réflexions de Mehdi pourraient très bien me correspondre, je cite l’auteur :

« Après un moment d'absence, il remarque à un jet de crachat les dossiers qu'on devait lui faire parvenir la veille. Il connaît parfaitement son travail de scribouillard attardé et depuis le temps qu'il est là, depuis qu'il a fait le tour des fonctions sauf la direction, il a su que pour le bureau, les gens ne sont que des piles de papiers, des tracas, des prétextes parfois heureux mais obligatoires pour leurs propres combines- c'est-à-dire leurs combines à eux mais qui sont plutôt sales. Il y a un véritable travail qui se fait et des décisions qui sont prises mais ailleurs que leur endroit naturel. Alors, l'important pour lui, c'est de faire le boulot pour lequel on daigne lui attribuer une croûte presque fatidique. Le reste, c'est de la politique. »

Et que dire de la fin de cette nouvelle, touchante enfin que dis-je percutante. Razik décrit cela tellement puissamment avec ses mots. En

Tout cas cette première nouvelle m’a donné l’envie de continuer dans ce recueil de nouvelles très sincèrement.

Continuons avec une seconde nouvelle titrée : « La faute ».  

Comme dans tout ce que j’ai lu jusqu’à présent, un mot sort du lot systématiquement, celui de : « Liberté ». En Algérie en ce temps-là, certainement que la notion de liberté n’était pas celle que l’on connaît toutes et tous en Europe et plus précisément en France.

Ceci dit, dans cette nouvelle, on découvre Zahra une jeune fille, et pour tout vous dire, un passage m’a assez surpris pour ne pas dire choqué, d’ailleurs cela corrèle avec ma constatation précédente dans la notion de liberté (Attention, n’y voyez là aucun jugement de ma part mais une simple constatation) je cite l’auteur:

« En contemplant cette nappe azurée qui l'a vue naître et grandir, Zahra se rend compte qu'elle n'avait jamais appris à nager. Nuance ! Qu'on ne lui avait jamais appris à nager pour la bonne et simple raison qu'on n'allait pas à la plage chez eux, surtout pour les filles. Ce n'était pas important. Ou'à cela ne tienne ! Et le permis de conduire ? C'était pratique du moment qu'elle allait assumer toutes les charges familiales après la mort foudroyante du paternel. Non, il fallait que ce crétin de son petit frère décrète que c'est inconvenable pour une fille de bonne famille de se servir de cet engin du diable. Un moindre regret eu égard aux incivilités légendaires des chauffards, aux conduites barbares et à la fourmilière qu'est devenue Alger. Qu'importe, aujourd'hui, c'est la porte de la mer qui est grande ouverte. »

Zahra aurait vécu ailleurs et autrement, peut-être que la fin ne serait là même, soit dit en passant j’apprécie énormément la plume de Razik.

Continuons dans ce recueil de nouvelles avec la nouvelle titrée : « la réplique » dédicacé à Hamid Bentayeb. (Qui est-il ?) 

Dans cette nouvelle, nous faisons connaissance de Rachid un personnage de 50 ans. Féru de théâtre, jouant toute sa vie la comédie. Notre narrateur doit le faire venir pour aider une troupe de jeune à monter leur première pièce. Évidemment, vous l’apprécierez ce personnage haut en couleur lorsque vous lirez ce livre MAIS c’est le genre d’homme que j’apprécie, l’humain dans toute sa splendeur d’âme.

Passons à la nouvelle d’après titrée : « Le grand brouillard ».

Dans les premières pages de cette nouvelle, je découvre un narrateur qui va rendre visite à son frère Saïd qui est semble-t-il en prison pour avoir manifesté contre le système Algérien. La mère est-elle aussi du voyage. 

L’auteur nous décrit un moment assez compliqué ou le brouillard empêche de rouler correctement en voiture et lors d’une rencontre hasardeuse apprends qu’à la fameuse prise ou est Saïd, il y a eu la veille une émeute et surtout plusieurs morts. Le frère du narrateur en fait-il parti ? … Je vous laisse le soin de lire ce recueil de nouvelle pour PEUT-ÊTRE en savoir plus OU PAS sur la fin de mot de l’histoire.

J’enchaîne avec une nouvelle titrée : Akli le simplet. 

Triste sort pour ce jeune homme qui, au lieu d’aller travailler comme chaque jour dans un bazar, se retrouve en grève bien malgré lui et finalement part en bus jusqu’à son sort, heureux ou triste je vous invite à lire cet œuvre de Razik.

Allons maintenant lire cette nouvelle titrée : « La nuit rouge »…

Dans cette nouvelle, dois-je encore parler de cette sacrée liberté d’une jeune fille collégienne, qui malgré ses excellents résultats, est projeté par ses parents pratiquants, dans une vie cadrée : rester à la maison, s’occuper de celle-ci et avoir des enfants. Pensez-vous que ça soit sa projection de l’avenir ? 

Et c’est ainsi que dans la nuit, il se passe quelque chose qui va changer sa vie MAIS si vous désirez savoir quoi ….. Faites comme je viens de le faire et lisez ce livre.

J’en arrive à la nouvelle titrée : « La valse des temps modernes »…

L’on suit Massi dans un périple retraçant tellement de choses.

Il décrit un tableau sombre de cette période tout autant noire en Algérie. Dans ses pérégrinations nous retrouvons des personnages connus plus haut. Notre narrateur, se retrouve dans un café et médite ou réfléchis et par la même occasion nous donne matière à réfléchir. Enfin pour ma part surtout. 

Évidemment l’auteur défini LA LIBERTÉ, telle qu’elle est, vécue, en quelque sorte. Et croyez-moi, la nôtre vaut tout l’or du monde après avoir lu ce recueil : « La valse des temps modernes et autres nouvelles »…

La plume de l’auteur est fluide, les mots sont très bien choisis, certes parfois doux ou durs, et l’on s’immerge très facilement dans chaque nouvelle, qu’elles soient narrées par un personnage masculin ou féminin. Razik sait appuyer ou il faut pour toucher son lectorat, en tout cas pour ma part, sans aucun doute j’ai été touché par cette œuvre que je vous invite clairement à lire vraiment.

J’ai choisi de finir ce retour par une phrase qui m’a marqué dans ce recueil de nouvelles et je tenais à vous la retranscrire ici même :

« Le passé et l'avenir se sont neutralisés dans un présent sans attrait. » 

Voilà comment pourrais-je résumé ce livre… Merci à Razik Benyahia pour sa gentillesse, sa patience suite à mes questions. 

Seriez-vous mon lectorat prêt à lire ce recueil de nouvelles ? Peut-être même l’avez-vous déjà lu ? Dites-Moi tout ? …